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15 août, 2011

Alain Leprest, un poête est parti

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C’est les médias qui vont être embêtés : un grand de la chanson meurt et on n’a même pas d’images. Ou si peu. Pas pensé en temps utiles, oublieux. Allez, je rêve. Comme si radios et télés allaient en parler…

Le crabe a maintes fois lutté au corps à corps avec Leprest. Il a toujours perdu. On a vu Leprest dans les pires états et l’Allain s’en est toujours relevé. Fatigué, certes, chancelant, titubant, mais debout, digne, gracieux, l’œil vif et malicieux, comme invincible. Là, c’est lui qui a choisi de se donner la mort et ça ne pardonne pas.
Faut pourtant lui pardonner. Quand on a le palpitant trop gros on encaisse mal les coups du sort, les désillusions, les tristesses de coeur. C’est la faute à personne, c’est la faute à la vie qu’est parfois mal faite…
Nous sommes nombreux à être chagrin en ce 15 août, une part de nous se fait la belle, l’Allain et ses deux « l » s’ébattent plus haut que nous, bien plus haut. Donnes le bonjour de notre part, Allain, à Gagarine, si tu le croise dans ses révolutions, dans les tiennes. Ce soir y’aura une étoile de plus dans le ciel et pas n’importe laquelle. Pas une star de pacotille, breloque de show bizness, non. Une simple et modeste loupiotte qui nous apporte un peu de sa lumière, qui de ses bras dessine des trucs de gosses, des choses de grands, des parts de rêves, des tranches de vies. Et, malgré tout, de l’espoir.
On ne fera pas ici l’éloge du défunt. On sait qui fut Leprest ou on ne le sait pas, que les disques ne restitueront qu’en partie. Si tant de ses confrères se le sont mis en bouche, c’est que son verbe était rare saveur. « Nu, je suis né nu / Nourri de vin sauvage / Et de corsages émus » : il n’était qu’émotion. Un très grand de la chanson est mort que le grand public ne sait pas. Que des fidèles, des quêteurs de chansons, fouilleurs et fouineurs de vers, des frères. Couté est mort il y a cent ans et on en parle encore, on le chante plus encore même. Leprest sera pareil, qui toujours grandira.
A-t’il choisit le lieu de son trépas, toujours est-il qu’il est mort chez Ferrat, ou presque. A Antraigues, en Ardèche. On fera désormais double pèlerinage, double ration, double peine. La Volane se chargera plus encore de larmes, au risque de sortir de son lit, de noyer le Rhône. Le chagrin est à ce prix et la chanson en grand deuil, comme rarement.

(bien d’autres billets sur Alain Leprest à lire sur NosEnchanteurs)

Par aalph le 15 août, 2011 dans Non classé
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